Réunis en séminaire gouvernemental les 11 et 12 juin 2026 à Djamdè dans la préfecture de la Kozah, le président du Conseil a annoncé un nouveau programme pour dit-il « doubler le niveau de vie et ramener la pauvreté sous 15 % d’ici 2040 ».
Dénommé « Vision 2040 », ce nouveau programme de développement est la nouvelle trouvaille de Faure Gnassingbé pour abuser les Togolais après l’échec patent de « Togo vision 2030 ».
Une analyse comparative des deux programmes de développement met à nue la duperie et la duplicité de Faure Gnassingbé qui a montré, à suffisance, son incapacité à mettre le Togo sur les rails de développement, plus de deux décennies de règne.
Blanc bonnet et bonnet blanc
« Vision 2040 » est loin d’être un nouveau programme de développement susceptible de faire du Togo un pays émergent. Il n’est ni plus ni moins que la refonte de son ancêtre « Togo vision 2030 » qui a fait pschitt.
En effet, « Vision 2040 » repose sur trois piliers, notamment :
1. Transformation économique : Doubler le PIB par habitant et faire chuter drastiquement le taux de pauvreté ;
2. Modernisation agricole : Améliorer les infrastructures, l’accès à l’énergie et la transformation locale des produits ;
3. Industrialisation : Mise en œuvre de la Politique nationale « Togo Industriel 2040 », qui aspire à développer un secteur manufacturier intégré et compétitif à l’échelle internationale.
Rien de nouveau sous le soleil, comparé au programme « Togo vision 2030 » plus ambitieux, initié de main de maître par un certain Kako Nubukpo, Ministre de la prospective et de l’évaluation du gouvernement d’alors.
En effet, le programme de développement « Togo vision 2030 », susceptible de faire du Togo un pays émergent, est décliné en quatre axes stratégiques, à savoir :
1. Transformation économique et logistique : L’ambition est de faire du Togo un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires incontournable dans la sous-région, soutenu par des réformes visant à améliorer le climat des affaires.
2. Développement industriel et agricole : Le gouvernement met l’accent sur le développement de pôles de transformation agricole et d’industries manufacturières pour stimuler la croissance et l’emploi.
3. Transition écologique et numérique : Le pays s’engage vers la décarbonation, visant une réduction drastique de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Parallèlement, des stratégies comme « Togo Digital » visent la modernisation technologique, l’inclusion sociale et le développement des compétences numériques locales.
4. Cohésion sociale et démographie : Face à une population jeune, l’objectif est de créer massivement des emplois, d’améliorer l’accès à l’éducation et de garantir une meilleure répartition des richesses pour capter le dividende démographique.
Duperie et duplicité au sommet de l’Etat
Le président du Conseil, Faure Gnassingbé a le génie d’incarner les deux attributs « duperie et duplicité » dans son mode de gouvernance.
Si la duperie désigne l’action de tromper, de mystifier ou d’abuser quelqu’un en lui faisant prendre le faux pour le vrai, Faure Gnassingbé devient maître dans l’art.
Pour preuve, en prenant le pouvoir en 2005, dans des conditions aussi dynastiques que rocambolesques, suite au décès de son père feu Général Eyadema, Faure Gnassingbé avait miroité au peuple togolais de lutter contre la violation des droits de l’homme, les brimades et bavures militaires et policières. Son fameux slogan de « Plus jamais ça », retentit aujourd’hui comme un disque raillé, pour le moins, un aveu d’échec.
Nonobstant, le « Prince » veut nous faire croire qu’il est l’homme de la situation en qui nous devons faire confiance. Des chimères, rien que des chimères !
Jusqu’à preuve du contraire, Faure Gnassingbé excelle aussi dans la duplicité.
Force est de constater que les promesses de Faure Gnassingbé peinent à se concrétiser, ce qui dénote de la duplicité.
En effet, la duplicité est le caractère d’une personne qui manque de sincérité et qui joue un double jeu pour tromper autrui. Cela consiste à adopter un comportement, des paroles ou des attitudes en contradiction avec ses pensées profondes.
Et pourtant, Faure Gnassingbé a fait rêver plus d’un Togolais d’une bonne gouvernance, de la reddition des comptes, de l’Etat de droit etc.
Cependant, corruption, gabegie, concussion, évasion fiscale, flux financiers illicites, impunité, sont les vertus les mieux partagées sur la terre de nos aïeux.
Loin de nous l’intention de peindre en noir l’image de notre pays, se taire sur la dichotomie des réalisations vis-à-vis des programmes de développements initiés par Faure Gnassingbé est aussi une abdication que nous ne pourrions assumer.
Isidore Akollor
