Dans l’histoire sociopolitique contemporaine du Togo, la journée du 5 octobre 1990 restera à jamais gravée dans la mémoire collective comme un nouveau point de départ pour de fortes revendications en faveur des libertés publiques, de la démocratie et du multipartisme sur la terre de nos aïeux.
36 ans après ce soulèvement populaire qui avait ébranlé le régime de feu Général Gnassingbé Eyadema, une révolution tuée dans l’œuf qui résonne comme une symphonie inachevée pour la nouvelle génération de Togolais, résolue à en découdre avec la dynastie Gnassingbé, père au fils.
Devoir de mémoire
« La connaissance du passé national permet au citoyen de mieux se situer dans le temps et dans l’espace, dans l’Histoire de l’Humanité en marche vers un avenir meilleur et de mieux prendre conscience de ses responsabilités. », Hermann Attignon (Histoire du Togo, Ed. Editogo, Lomé, 1974, p. 2 de l’introduction). Une citation renchérie depuis 1993 par Alain Foka dans le cadre de son émission radiophonique Archives d’Afrique sur Rfi « Nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’un peuple, car un peuple sans histoire est un monde sans âme ».
Dans la même veine, nous avons l’impérieux devoir de mémoire de remettre au gout du jour, les tenants et les aboutissants du soulèvement populaire du 5 octobre 1990 que le régime RPT-UNIR tente désespérément d’effacer de la mémoire collective des Togolais.
Les tenants du soulèvement populaire du 5 octobre 1990
Il va sans dire que le soulèvement de la jeunesse et du peuple togolais en date du 05 octobre 1990 ne jaillit nullement comme une génération spontanée, d’un instant à un autre. Ce mouvement était venu de loin. Il aura été, à vrai dire, l’aboutissement d’une longue lutte multiforme de résistance contre les régimes politiques qui avaient prévalu au Togo depuis l’assassinat de Sylvanus K. E. Olympio le 13 janvier 1963 jusqu’alors. Et ce qu’il convient de retenir ici, c’est la richesse de cette période en épisodes très douloureux pour les Togolais. [Cf. Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo, Histoire du Togo – La longue nuit de terreur (1963-2003). Ed. Auteurs du Monde, Paris, 2006, tome 1, pp. 7-244].
Les causes du soulèvement populaire du 5 octobre 1990 sont donc lointaines.
Les causes immédiates
La naissance de la Convention démocratique des peuples africains (Cdpa) et l’affaire de « tracts mensongers »
En effet, dans les mois qui avaient juste suivi les événements tragiques du 23 septembre 1986, le Togo semblait baigner dans une sorte de vide politique apparent. Alors, un groupe très restreint de Togolais se réunit à Paris et y avait créé la Convention démocratique des peuples africains (Cdpa), un parti politique clandestin dont le manifeste fut baptisé L’ALTERNATIVE. C’est à l’occasion d’un séjour à Paris que Hilaire Dossouvi Logo adhéra à cette formation politique et avait obtenu copie de L’ALTERNATIVE pour le terrain (le Togo, Ndlr).
Du 18 décembre 1989 à la fin de ce mois, Godwin Tété et Daniel Kouévi-Akoé furent arrêtés à l’aéroport d’Abidjan (Côte d’Ivoire) et détenus en prison. Pour cause de transport d’une importante quantité d’exemplaires de L’ALTERNATIVE destinée au Togo via Accra (Ghana). Alors, du fait de l’intense diffusion de cet incident par Radio France Internationale (RFI) et les médias officiels togolais, la quasi totalité des Togolais avaient appri, du jour au lendemain, l’existence de la Cdpa.
Deux conférences qui sonnèrent comme de véritables défis lancés au pouvoir en place
Il s’agit de la conférence portant sur le thème « Problématique de la démocratie et progrès social : étude de cas » par le professeur Adani Ifè, au FOPADESC, (Lomé), en mars 1989 puis celle de « L’indépendance de la magistrature, ciment de la démocratie américaine », par Me Djovi Gally, en décembre 1989 à Lomé. [Cf. Godwin Tété, op. cit., pp. 250-251].
La Conférence (béninoise) des Forces vives de la Nation
La République du Bénin allait, en effet, jouer un rôle de pionnier en la matière. Oui ! Bousculé par les jeunes – notamment par le Parti Communiste Dahoméen – harcelé par des grèves, déboussolé par une crise socio-politique et financière générale, le président Mathieu Kéréko a eu la sagesse d’accepter de convoquer, pour le 19 février 1990, « une conférence des forces vives de la nation ».
Et c’est ici qu’il sied de saluer la part personnelle prise par Me Robert Dossou, qui avait déployé un énorme talent d’avocat pour convaincre le président Mathieu Kérékou. Celui-ci accéda par ailleurs à la mise sur pied d’un gouvernement de transition dirigé par Nicéphone Soglo qui deviendra président de la République à la faveur des élections libres et démocratiques réalisées dans le pays au début de 1991. Cette remarquable sortie de dictature en douceur allait servir de source d’inspiration première à d’autres pays africains dont le Togo qui venait immédiatement après le Bénin en termes de Conférence Nationale Souveraine (8 juillet au 28 août 1991).
Le sommet franco-africain de La Baule (France) : 19-21 juin 1990
Dans les années 1985-1988, Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev est au gouvernail de l’Union soviétique. Et, face aux multiples goulots d’étranglement auxquels sont confrontées les sociétés du « camp socialiste », il invente la « perestroïka » (la « restructuration ») et la « glasnost » (la « transparence »). Pour ne pas rester à la traîne, les stratèges de la Maison-Blanche (Washington D.C.) ajoutent la notion de la « bonne gouvernance ».
Du coup, le principe même, l’idée même de dictature se trouvent sapés de fond en comble. Désormais il sera reconnu dans tous les forums internationaux que, dans le monde contemporain, dans le monde « mondialisé », le développement au sens très large du mot, ne saurait guère aller sans la démocratisation véridique des sociétés concernées. C’est-à-dire sans la libération de toutes les voix, de toutes les énergies, de toutes les strates des collectivités intéressées.
Dès lors, les Africains à Paris créèrent un Forum Panafricain pour la Démocratie, devenu très vite très actif et efficient. Ils adressèrent un certain nombre de mémorandums au président François Mitterrand, dont l’un juste la veille du sommet de La Baule.
C’est dire que la fameuse déclaration de ce Président le 19 juin à la Baule n’était point tombée du ciel comme une illumination soudaine du Saint-Esprit, ou sortie de la terre comme une génération spontanée. Cette déclaration était bel et bien le fruit de la lutte de longue haleine des peuples africains, du Forum Panafricain pour la Démocratie singulièrement.
De fil en aiguille, le vent de la liberté venu de Varsovie, via Moscou, va démolir, en novembre 1989, le « Mur de Berlin », à la grande stupéfaction des meilleurs politologues et spécialistes mondiaux de la prospective. À la fin de ce même mois, le redoutable régime de Nicolae Ceausescu s’effondra à Bucarest (Roumanie).
C’est dans cette atmosphère de fin de « la guerre froide » entre l’Ouest et l’Est que se réunirent, du 19 au 21 juin 1990, à La Baule (France), autour du président François Mitterrand, les chefs d’États de l’Afrique francophone.
Dans son discours du 19 juin 1990, le Président français François Mitterrand a déclaré, entre autres choses, ceci : « Je conclurai en disant que la France liera tout son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté » [Cf. Jean de Menthon, À la rencontre du Togo, Ed. L’Harmattan, Paris, 1993, p. 180].
Le déroulement de la journée du 05 octobre 1990
Le 20 juillet 1990, est créée à Lomé, la Ligue togolaise des droits de l’homme (Ltdh), ayant à sa tête Me Joseph Kokou Koffigoh. Une fois portée sur les fonts baptismaux, la Ltdh s’est joint à la Commission nationale des droits de l’homme (Cndh) présid » par Me Yawovi Apollinaire Agboyibo, pour dénoncer les violations les plus criantes desdits droits.
C’est ainsi qu’ils reconnaissent que les jeunes manifestants arrêtés en août 1990 avaient été torturés et avaient subi des coups de fouet, des passages à tabac et des décharges électriques. En d’autres mots, une nouvelle donne politique commence à poindre au Togo.
Le lundi 21 septembre de cette même année, les détenus Hilaire Dossouvi Logo et Tino Doglo Agbélengo sont jugés pour une première fois au Palais de Justice de Lomé, pour distribution de tracts « séditieux » (de la Cdpa). Une seconde fois, le 5 octobre 1990, ces mêmes prévenus sont jugés au même Palais. Cette fois-ci, le Palais est pris d’assaut par la jeunesse togolaise. On y chante, très fort, l’hymne national : « Terre de nos Aïeux », proscrit depuis une quinzaine d’années. On y scande : « L’ALTERNATIVE ?! EH BIEN NOUS L’AVONS LUE ! VIVE LA CDPA ! ».
Les prévenus ont été acquittés, mais bon nombre de manifestants ont été malmenés, matraqués par les forces de répression. Il s’ensuit une insurrection générale. Toute la ville de Lomé se révolte contre l’ordre établi vieux de presque vingt-quatre ans.
Témoignages de Me Yawovi Apollinaire Agboyibo, témoin oculaire
Voici comment un témoin oculaire privilégié raconte, en quelques mots, les fameux événements du 5 octobre 1990. Citons Me Yawovi Apollinaire Agboyibo, avocat défenseur des prévenus :
« Tout s’est déroulé devant moi. Plusieurs de mes confrères et consœurs étaient présents au Palais de Justice. Nous avons été ainsi des témoins privilégiés de l’événement. Aussi avons-nous jugé nécessaire d’en porter un témoignage officiel dans la déclaration que nous avons adoptée le 11 octobre 1990. Le passage de la déclaration concernant le déroulement de l’événement est le suivant : « Très tôt ce matin les jeunes Togolais ont pris d’assaut la grande salle d’audience du Palais de Justice de Lomé et envahi le Tribunal et ses abords. Ils étaient venus écouter le jugement qui devait être rendu dans l’affaire des tracts où étaient poursuivis les nommés Logo Dossouvi et Doglo Agbélengo.
« Au-delà de son désir de prendre connaissance de ce jugement, cette jeunesse semblait déterminée à transformer le Palais de Justice en tribune politique et à étaler sur la place publique son mécontentement et ses revendications.
« Les manifestants scandaient avec frénésie des slogans fort significatifs : “À bas le RPT”, “Oui au multipartisme”, “Oui à la démocratie”, “À bas le 13 janvier”, “Vive le 27 avril”, “Liberté d’expression”, “Libérez »-les”…
« Ces slogans étaient entrecoupés de manière répétée par l’hymne de l’indépendance, “Terre de nos Aïeux” dont les manifestants réclamaient le rétablissement.
« Ce fut ensuite l’irruption et l’intervention brutale, violente et injustifiée des Forces de l’Ordre dans l’enceinte du Palais.
« Très rapidement, les événements prirent une autre tournure. Les manifestants réagirent par des jets de pierres et un mouvement pacifique s’est transformé en émeute populaire au cours de laquelle ils s’en sont pris à des symboles du pouvoir (incendie de véhicules de l’administration et des Forces de Sécurité, destruction des commissariats et des photos officielles du chef de l’État).
« Comme une traînée de poudre, la manifestation s’est étendue à plusieurs quartiers de la ville, notamment à Bè et ses alentours où une partie de la population s’est jointe au mouvement.
« Le soulèvement du 5 octobre a eu l’effet d’un coup de tonnerre à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les médias internationaux en firent abondamment écho. Aucune organisation ou personnalité politique n’avait en revanche réagi.
« Seul l’Ordre des Avocats avait pris position. Les avocats témoins des faits s’étaient rendus sur-le-champ en robe chez le chef de l’État pour lui exprimer leur indignation. L’Ordre des Avocats décida ensuite, dans la même journée du 5 octobre, de se mettre en grève pour trois jours à compter du lundi 8 octobre. Il a, au cours de la même réunion, pris une résolution demandant la démission du ministre de la Justice, M. Bitokotipou Yagninim, et du procureur de la République, M. Abdou Assosuma, pour avoir fait intervenir les Forces de l’Ordre au Palais de Justice. » [Cf. Yawovi Agboyibo, Combat pour un Togo démocratique – Une méthode politique. Ed. Karthala, Paris, 1999, pp. 66-68].
Les forces de répression, elles aussi, se mettent en branle, armées jusqu’aux dents. Il y eut au moins trois morts : un garçon de Hanoukpé prénommé Jean-Marie (?), Christian Atayi et Kouassivi Akpé Jean-Marie Tété-Adjalogo, alors âgé de vingt-cinq ans, préparant une double maîtrise (mathématiques et physique) à l’Université du Bénin (Lomé). Et, bien entendu, plusieurs blessés. [Cf. Godwin Tété, op. cit., pp. 253-256].
Les aboutissants du soulèvement populaire du 5 octobre 1990
L’une des conséquences directes de ces évènements, a été la Conférence nationale souveraine tenue à Lomé du 8 juillet au 28 août 1991 pour organiser la transition démocratique face au régime du président Gnassingbé Eyadema.
Elle a permis la mise en place d’un gouvernement d’union nationale dont le chef fut le Premier ministre Me Joseph Kokou Koffigoh, de même que la création du Haut conseil de la République (Hcr) comme organe législatif de transition qui a suspendu la Constitution de 1980 et dissout le Rassemblement du peuple togolais (Rpt), parti unique, parti Etat.
Dans la foulée, une nouvelle Constitution a été soumise au référendum et adoptée par le peuple togolais le 27 septembre 1992 (avec plus de 98 % de suffrages favorables). Elle a été promulguée le 14 octobre de la même année par le président Gnassingbé Eyadema et fonde la IVe République. Elle consacre un État laïc, démocratique, social et indivisible, garantissant la séparation des pouvoirs et les libertés fondamentales.
L’ère du renouveau démocratique est marquée par le multipartisme, la liberté d’association, la liberté religieuse, la liberté d’expression et de la presse.
La restauration de l’hymne nationale et de la devise en 1992, est à l’actif du soulèvement populaire du 5 octobre 1990.
L’exécution de “Terre de nos aïeux”, qui était à l’époque l’ancien hymne du Togo, a été l’une des actions déterminantes de la journée du 5 octobre 1990.
En effet, cet hymne composé par Mgr. Robert Dosseh-Anyron et arrangé par son petit frère Alex Dosseh-Anyron, a été adopté à l’indépendance comme celui du pays. Mais il a été remplacé en 1979 par un autre, nommé “Unité nationale”, l’hymne du Rpt.
Au 5 octobre 1990, la devise de la République Togolaise était “Union, Paix, Solidarité”. Il en avait été décidé ainsi par l’État, toujours suite au Congrès de novembre 1979 du Rpt, en remplacement l’ancienne devise “Travail, Liberté, Patrie” adoptée le 27 avril 1960. Tout comme l’hymne national, la devise a été restaurée en 1992.
Les palais des congrès de Lomé et de Kara
Avant le 5 octobre 1990, il n’y avait pas d’appellation « palais des congrès ». Les bâtiments de Lomé et Kara que vous connaissez aujourd’hui sous ces appellations s’appelaient « Maison du parti ».
Ils étaient les lieux de rassemblement des forces vives de la nation, rassemblées dans le même creuset national de l’époque, le Rpt. C’était le temps du parti unique ou parti-État. L’on disait aussi « Maison du Rpt ».
Alors, le 5 octobre 1990 a secoué l’édifice du parti unique et les diverses réformes ont mené vers le changement de nom de ces édifices désormais considérés comme des patrimoines nationaux et non ceux du Rpt.
La réhabilitation du 27 avril comme Fête nationale
Même si la restauration de la célébration officielle du 27 avril comme Fête nationale du Togo n’est intervenue qu’en 2006, les réclamations pour sa restauration ont débuté juste après les manifestations du 5 octobre 1990.
Ainsi, à l’époque, sur les documents officiels du pays et même des calendriers, le 13 janvier était la fête nationale du Togo et le 27 avril ne portait aucune mention. Le 27 avril était donc un jour ordinaire et ouvrable.
La réintroduction des prénoms chrétiens dans les documents officiels
De 1974 jusqu’aux années 1991 au Togo, il était difficile voire impossible que les prénoms comme Hubert, Norbert, Rigobert, Dagobert, Etienne, Francis, Gabriel, Eric, Jean, Pierre, Marie, Jeanne, Irène, Collette ou encore Mireille figurent sur un acte de naissance d’un Togolais né au Togo. Au contraire, on avait plutôt Kodjo, Komlan, Kokou, Kossi, Assou, Sèvi, Kpatcha, Toyi, Essohanam, Aklesso, Essozimna, Eyadema, Adjo, Abla, Akouvi, Akossiwa, Mazalou, Abidé et autres. C’était l’époque de l’authenticité.
Le 24 janvier 1974, le DC3 présidentiel, à bord duquel se trouvait le président Gnassingbé Eyadema, s’est crashé à Sarakawa. Le Général y a survécu. A son retour le 2 février 1974 à Lomé, le pays a opéré le retour aux sources authentiques du pays, dont les prénoms. Etienne Gnassingbé devient Gnassingbé Eyadema. Tout le peuple a suivi, l’administration a fait le reste.
Après le 5 octobre 1990, ces prénoms chrétiens ont refait surface.
Par cette révolution étouffée dans l’œuf, le peuple togolais voulait qu’une nouvelle ère de liberté et de démocratie mette fin à 23 années d’assassinats, d’oppression, de corruption, de gabegie, de vol, de misère, de famine, de pillage et de ruine du régime Rpt mais hélas.
Quel bilan ?
36 ans après l’irruption de cette explosion révolutionnaire, la nécessité d’un bilan sans complaisance s’impose pour comprendre comment un mouvement si plein de promesses a pu être conduit à la terrible impasse dans laquelle le peuple togolais se débat aujourd’hui sans qu’on puisse apparemment trouver la voie d’une issue conforme à ses véritables aspirations.
Outre la terrible tentative de décapitation du mouvement par la sanglante répression restée totalement impunie jusqu’à ce jour qui a occasionné des milliers de morts, de disparus, de handicapés et de blessés d’une part et la récupération, par le régime dictatorial, des dirigeants de l’opposition institutionnelle qui, s’étant accaparés de la direction de la lutte du peuple togolais, l’ont dévoyée vers la satisfaction de leurs intérêts personnels en se soumettant au maintien en place du régime dictatorial imposé par les grandes puissances d’autre part.
Il convient de relever que malgré les terribles coups qui lui ont été portés, malgré sa honteuse trahison des dirigeants qui ont accaparé la direction du mouvement initié le 5 octobre 1990 pour mieux l’étouffer, malgré les lourds sacrifices qu’il n’a cessé de consentir, le peuple togolais n’a jamais cessé de manifester une farouche volonté de combat à travers une mobilisation qui n’a jamais désarmé tout au long de ces 36 ans !
C’est pourquoi, à l’heure du bilan, il importe de retenir qu’en dépit de tout, le 5 octobre 1990 vit toujours dans la conscience du peuple togolais comme en témoignent les multiples tentatives faites ces dernières années pour le rééditer.
Entre autres, l’insurrection des étudiants de Kara qui ont réussi à prendre le contrôle de la ville trois jours durant (décembre 2011 – janvier 2012), les manifestations du 12 juin 2012 organisées par le Collectif « Sauvons le Togo » (CST), celles des 6 et 7 septembre 2017 organisées par le Parti nationaliste panafricain ajoutée aux contestations du Mouvement du 6 juin 2025 (M66) sont édifiantes à propos.
Au demeurant, loin d’être une symphonie inachevée, les conséquences à long terme de l’insurrection du 5 octobre 1990 seront si significatives qu’on peut vraiment dire que rien n’est plus comme avant cette date dans l’arène socio-politique au Togo.
Les causes du soulèvement populaire du 5 octobre 1990 sont toujours d’actualité.
La propension du régime Rpt-Unir à déplacer les problèmes au lieu de les résoudre est une menace potentielle pour la paix sociale et le vivre ensemble sur la terre de nos aïeux.
Isidore Akollor
Source : Publications de Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo et de Claude Améganvi
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