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JUBILE D’OR DE L’EAMAU : Cinq décennies de parcours de combattant !

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(Actu-EXPRESS) – Du 12 au 16 octobre 2026, l’Ecole africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (Eamau) a célébré son jubilé d’or au campus de l’institution sis à Lomé.

Loin d’être le parcours d’un long fleuve tranquille, l’histoire de ce temple du savoir des bâtisseurs des villes africaines se révèle comme un parcours de combattant.

Que d’obstacles franchis, de défis relevés grâce à une vision éclairée des premiers responsables, vision axée sur une gestion parcimonieuse des maigres ressources disponibles face à des besoins de plus en plus croissants.

La transmission de cet esprit de gestionnaire rationnel (Concept « Homo economicus » d’Adam Smith et formalisé par John Stuart Mill), de génération en génération, a permis à l’Eamau de célébrer ses 50 ans d’existence et de se projeter sur les cinquante années à venir.

Instituée par une convention signée en 1975 à Kigali au Rwanda par les Chefs d’Etats africains, l’Ecole africaine et mauricienne d’architecture et de l’urbanisme (Eamau) est la première dénomination de l’institution.

Cette formulation historique s’explique par son lien direct avec l’Organisation commune africaine et mauricienne (Ocam), l’entité politique qui a porté le projet. Le terme « Mauricienne » y figurait pour inclure explicitement l’Île Maurice qui était un membre clé de l’organisation à cette époque.

Les 7 Etats fondateurs et premiers membres signataires qui ont initialement constitué l’institution sont : Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Centrafrique, le Niger, le Sénégal et le Togo.

Placé sous le thème : « 50 ans d’excellence au bénéfice des villes et territoires d’Afrique », cette célébration est déclinée en diverses activités notamment, exposition sur l’esplanade du bloc administratif et des panels d’échanges scientifiques et pédagogiques à l’auditorium du campus.   

Les panels d’échanges

Du 13 au 14 novembre 2026, quatre panels d’échanges scientifiques et pédagogiques de haut niveau ont meublé les activités du jubilé d’or de l’Eamau, notamment :

  1. Panel N°1 : « EAMAU, 50 ans après »,
  2. Panel N°2 : « Les villes nouvelles en Afrique »,
  3. Panel N°3 : « Le patrimoine dans les villes africaines »,
  4. Panel N°4 : « Le financement, la gestion urbaine et les enjeux de l’urbanisme ».

La journée du mardi 13 octobre 2026 est consacrée à deux thématiques : « L’EAMAU, 50 ans après » et « Les villes nouvelles en Afrique ». Deux sujets étroitement liés, entre bilan d’une institution de formation et réflexion sur les transformations urbaines du continent africain.

Le panel N°1 : « EAMAU, 50 ans après » est consacré au bilan de la gestion de l’institution panafricaine depuis sa création en 1976 à nos jours et sa projection dans le futur.

Animé par d’éminents personnalités pour la plupart d’anciens Directeurs généraux, ce panel a le mérite de la présence effective du tout premier Directeur général, Ayeva Nassirou Paul, qui, à n’en pas douter, incarne toujours l’esprit et l’âme de l’Eamau qu’il a bâti du néant.

Une tribune pour le nonagénaire, à mémoire de souris, de relater les péripéties de l’installation du campus de l’actuelle Eamau.

« Quand on a créé l’école, avec le budget qui avait été voté, on croyait qu’il fallait seulement aller prendre l’argent et venir travailler. Je me suis rendu à Bangui dans ce sens. Arrivé, il n’y avait rien. Je suis retourné à Lomé en attendant que les Etats membres honorent leur engagement. On a finalement démarré l’école en 1976 avec le peu de moyens qu’on disposait. Au départ, on avait des difficultés pour recruter des enseignants, manque de logements, et de subventions. L’objectif était de former des architectes et urbanistes de terrain, capables de répondre aux réalités africaines. L’école a tenu bon et voilà qu’on célèbre aujourd’hui 50 ans d’existence », a-t-il raconté en déclarant que :

  • L’actuel campus de l’Eamau devrait être installé dans une réserve foncière de l’Etat dans les faubourgs de Lomé d’alors, précisément actuelle quartier GTA. Pour des raisons de visibilité de l’institution (GTA n’était qu’un buisson, Ndrl), nous avions réussi un échange de la parcelle pour acquérir l’actuelle site à Tokoin Doumasséssé (Ndlr).
  • Nous avions décidé d’y construire le bâtiment du logement pour occuper les lieux et matérialiser notre présence. Les cours se faisaient dans les amphis de l’Université de Lomé (Université Benin d’alors, Ndlr).
  • Malgré les promesses, aucune cotisation des Etats membres en dehors du Togo (Volontariste, Ndrl) et de la Côte d’Ivoire (dans une moindre mesure, Ndrl).
  • Pour atteindre les objectifs fixés, des mesures de gestion efficiente de l’institution s’imposent (réduction drastique des dépenses y compris le salaire et le fonctionnement, Ndrl).

A la question de savoir les mécanismes utilisés pour mobiliser les ressources et entretenir l’Eamau, Ayéva Nassirou Paul s’est montré pragmatique : « la parcimonie dans la gestion des maigres ressources disponibles ».

La contribution des autres panelistes à l’instar de Tchini Kodjo Mawuéna, étudiant de la première promotion, devenu Directeur général par intérim de l’Eamau pendant deux ans (Avril 2013-Avril 2015) est plus qu’éloquente.

Pur produit de l’Eamau, le parcours académique et professionnel de Tchini Kodjo Mawuéna est riche et édifiant pour la nouvelle génération.  

« J’ai été admis comme étudiant à l’Eamau suite à un concours dont les épreuves portaient sur trois matières notamment la mathématique, les sciences physiques et le français.

A la proclamation des résultats, je faisais partie des 8 Togolais sur les 24 meilleurs étudiants de diverses nationalités (Bénin et Haute volta), admis », a-t-il déclaré.

Avant de devenir Directeur général par intérim durant les périodes troubles émaillées de grève des étudiants, Tchini Kodjo Mawuéna a gravi plusieurs échelons à l’Eamau.

Assistant en urbanisme opérationnel, professeur permanent sur appel à candidature puis Directeur des études pendant 8 ans.

En prenant les rênes de l’Eamau en 2013, Tchini Kodjo Mawuéna n’avait qu’une feuille de route « la résolution des problèmes et crises sous-jacents », accompagnée d’audit organisationnelle et financier.

Durant son mandat, Tchini Kodjo Mawuéna a entrepris les travaux de fondation du bâtiment de deux étages qui abrite le bloc administratif. L’élargissement des blocs pédagogiques à 500 étudiants.

De 7, le nombre des Etats membres est passé à 14.

Prenant la parole, le Directeur général, Dembélé Moussa indique avoir emboité le pas à son prédécesseur.

En effet, durant son mandat (Septembre 2015-Décembre 2024), Dembélé Moussa a entre autres, amélioré les programmes pédagogiques de l’Eamau en introduisant le master de recherches, le système LMD, des cours théoriques et pratiques, l’augmentation de l’effectif des étudiants à 850, le recrutement des professeurs, la reconnaissance des diplômes de l’Eamau par le Cames et la réalisation du portail de l’entrée principale par les étudiants.     

Ce premier panel a permis aux étudiants et participants de s’imprégner de l’historique de l’Eamau avec ses hauts et ses bas.  

Le deuxième panel portant sur : « Les villes nouvelles africaines » a été un centre d’intérêt pour les futurs bâtisseurs des cités africaines. C’est un regard critique des panelistes sur les modèles architecturaux importés alors que l’Afrique disposait des architectures adaptées à leurs milieux, environnements et besoins.

A la question de savoir « comment concevoir une ville nouvelle sans transgresser nos traditions ? », la réponse de Souleyman Zerbo est sans ambages[AE1]  : « Il faut que nos villes nouvelles africaines aient une âme africaine ».  L’exemple du concept de « l’arbre à palabre », un espace public a complètement disparu.

« Les villes nouvelles sont trop techniques sans l’interaction de l’homme et de la spiritualité », renchérit Ouédraogo Dahouda un autre paneliste. De nouvelles villes comme Abuja au Nigéria, Yénnenga au Burkina Faso et Sèmé city au Bénin sont édifiantes.

Dr. Boussou, paneliste, enfonce le clou : « les villes nouvelles créées en Afrique sont des villes fantômes ». Le cas d’Abuja, capitale fédérale du Nigéria en remplacement de la mégapole Lagos, nouvelle ville créée en 1991 sans avoir intégré des logements sociaux est illustratif. Les gens viennent travailler dans la journée et repartent le soir dans leurs localités respectives. La nuit, Abuja ressemble terriblement à une ville fantôme, inanimée.

« Les villes en hauteur (immeubles à 5 ou 8 étages) ne sont pas des modèles qui répondent aux réalités africaines car en Afrique, chaque ménage veut avoir « son chez » (une maison avec cour unique) », insiste un autre paneliste. Il convient de créer des villes à l’image de nos villages en intégrant cinq gestes simples : intégrer, desservir, loger, phaser et verdir.

L’usage des matériaux locaux à l’instar de la terre cuite est vivement recommandé en lieu et place du ciment.

La saturation de nos capitales pousse les autorités politiques à créer de villes nouvelles comme Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, Abuja au Nigéria ou Nouveau Caire en Egypte. Au cas échéant, il convient de créer des villes durables qui respectent l’environnement et répondent aux besoins des populations.

« La modernisation des anciennes villes (secondaires) est une alternative à la création de nouvelles villes », a indiqué un autre paneliste.   

Pour Gervais Aurélien Dibantsa, architecte-urbaniste formé à l’EAMAU, les villes africaines doivent être repensées afin de répondre aux besoins des populations et aux réalités démographiques.

« Il est aujourd’hui important de repenser nos villes. De nombreuses agglomérations africaines se sont progressivement développées à partir d’anciens villages. Cette évolution s’accompagne aujourd’hui de difficultés similaires dans plusieurs pays. Le centre-ville concentre généralement les infrastructures et les voies aménagées. Entre ce noyau central et les périphéries, les équipements deviennent plus inégaux. À la périphérie, l’occupation de l’espace se poursuit souvent sans aménagement suffisant, sous l’effet de la pression démographique », a-t-il fait remarquer.

Pour l’architecte-urbaniste, cette situation appelle une nouvelle approche de la planification urbaine. Il plaide notamment pour la viabilisation des espaces, une meilleure organisation de l’occupation des sols et la densification des zones urbaines : « Nous, architectes, urbanistes, gestionnaires urbains et acteurs du cadre de vie, nous connaissons ces touches. Il faut viabiliser les espaces. Il faut aussi passer à la densification. Au-delà de la construction de nouvelles infrastructures, l’enjeu consiste ainsi à concevoir des villes mieux structurées, capables d’accueillir une population croissante tout en améliorant les conditions de vie », a-t-il indiqué.

 Les discussions de la journée du mercredi 14 octobre portent sur deux thématiques.

 « Le patrimoine dans les villes africaines » est la thématique centrale du troisième panel coanimé par Ives Robert, Kossi Tsitrikou, Roger Bouriata et Mme Sabrine Bako.

A la question de savoir « Comment redéfinir aujourd’hui la notion de « patrimoine urbain » en Afrique pour qu’elle devienne un outil de projet pour l’architecte contemporain, et non une simple contrainte historique ? », Roger Bouriata apporte des éléments de réponse « le patrimoine peut être naturel, bâti, matériel, immatériel, urbain ou social. Pour qu’elle devienne un outil de projet pour l’architecte contemporain et non une simple contrainte historique il faut changer notre manière de regarder le patrimoine. Il va falloir passer de la conservation passive à une transformation créative. », a-t-il déclaré.

La nouvelle approche consiste à comprendre le patrimoine comme une ressource pour concevoir la ville africaine contemporaine et non uniquement un objet uniquement à conserver, protéger ou à mettre sous cloche.

Les monuments, les bâtiments anciens, les sites historiques font partie des patrimoines matériels alors que les quartiers, les marchés et espaces publics constituent les patrimoines urbains tandis que les modes d’habiter et les pratiques sociales sont des patrimoines sociaux.

La question n’est pas de reproduire le passé mais d’en tirer des enseignements pour construire autrement l’avenir.

La maitrise de l’ensoleillement, la ventilation naturelle, des espaces intermédiaires et cours intérieures, l’usage des matériaux disponibles localement sont des piliers sur lesquels faire un projet sans oublier de faire le lien entre habitat et vie communautaire.

Roger Bouriata insiste sur le fait de ne pas copier les formes mais de comprendre les principes.  

Il faut extraire l’intelligence des architectures traditionnelles et la traduire dans l’architecture contemporaine.         

Il faut éviter la reproduction littérale des formes anciennes, rechercher des principes adaptés aux usages actuels et produire architecture ancrée et contemporaine.

« En somme, le patrimoine urbain en Afrique se meut pour devenir effectivement un outil de projet pour l’architecte contemporain, au-delà de toute contrainte historique », a indiqué le paneliste qui estime que l’architecte africain doit faire le lien entre mémoire, identité, innovation et développement.

Aussi exhorte-t-il ses collègues à « construire des villes contemporaines inspirées de leur histoire, sans copier le passé ni les modèles d’ailleurs. ».

Parlant de patrimoines, Mme Sabrine Bako a déclaré que le Togo dispose de divers patrimoines architecturaux dont le plus célèbre est le Koutammakou, en pays Tamberma, dans la région de la Kara, avec des habitations traditionnelles en terre crue à double étage. Koutammakou est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2004.  

En suite l’architecture coloniale et afro-brésilienne dans l’ancienne ville de Lomé (Adoboukomé, Abobokomé Aguiarkomé…, Ndlr) et le Palais de Lomé, ancienne résidence des gouverneurs allemands, puis français, et premier palais présidentiel, transformé aujourd’hui en centre culturel et entouré d’un parc botanique de 11 hectares.

Outre ces patrimoines architecturaux pré indépendance, Mme Bako a cité l’hôtel Lébéné, une architecture des années 60 et l’immeuble de la Banque ouest africaine de développement (Boad) comme patrimoine architectural urbain moderne, post indépendance. Un ouvrage au cœur de la ville de Lomé, réalisé par l’architecte togolais Raphaël Ekoué Hangbonon qui s’est inspiré du Koutammakou. Il a travaillé en collaboration avec le cabinet français Durand, Ménard et Thiébault (DMT) qui lui a pratiquement fait ombrage.

Pour sa part, Kossi Tsitrikou insiste sur l’appropriation, l’une des diverses connotations du patrimoine qui repose sur l’adhésion de la population.

A la question de savoir : « Comment redéfinir aujourd’hui la notion de patrimoine urbain en Afrique pour qu’elle devienne un outil de projet pour l’architecture contemporaine et non une simple contrainte historique, Kossi Tsitrikou préconise la notion de l’anthropologie dans les Unités d’enseignement ». « C’est dans cette optique que j’ai modifié mes cours sur la sociologie de l’habitat, devenus sociologie anthropologique de l’habitat », a-t-il témoigné.  C’est une branche de l’anthropologie culturelle et sociale qui étudie la relation entre l’être humain, son mode de vie et l’espace construit ou habité.

A la question : « Comment juger l’histoire de l’architecture en Afrique ? », c’est avec tristesse que le Belge Ives Robert répond sans détours : « L’histoire de l’architecture africaine n’est malheuresement pas enseignée ». Aussi recommande-t-il « De travailler sur la période post indépendance pour identifier des patrimoines architecturaux africains », car : « L’architecture est d’abord culturelle avant d’être technique. », a-t-il précisé.

Parcourant certains quartiers de Lomé, Ives Robert a identifié trois types d’architecture : « Le quartier Bè a une architecture qui intègre le social et la communauté, alors que le long du boulevard circulaire est jonché de maisons d’architecture afro-brésilienne. Par contre, quand je circule dans le quartier Eda Oba, Soted et la cité en face de l’Université de Lomé, j’ai l’impression d’être dans une rue de Bruxelles », a-t-il déclaré.

A la question de savoir « comment s’affranchir des modèles européens ? », « ce qui vient d’ailleurs n’est pas meilleurs », est la réponse donnée par Ives Robert qui ajoute que « seul le terrain guide le projet architectural ».

Le dernier panel « le financement, la gestion urbaine et les enjeux de l’urbanisation » est coanimé par Pr. Yatta François, Dr. Pali Essossinam, Mamoudou Mouctar et Halatakpa Tchalanga-Abalourou.

Répondant à la question : « Comment maitriser la croissance démographique qui entraine l’extension de l’habitat précaire et informel dans la plupart des villes africaines », l’ancien Maire de Niamey relève que « la ville s’installe avant que les services de base nécessaires (électricité, eau, transport, gestion des déchets…) n’arrivent. Ceci crée un problème d’urbanisation et de lotissement que Niamey et toutes les villes de l’Afrique occidentales connaissent », a souligné Mamoudou Mouctar.

L’ancien président de la délégation spéciale de la capitale nigérienne estime qu’un travail de terrain est nécessaire de même que l’affectation des ressources uniquement aux besoins urgents sont les piliers d’une gestion efficiente d’une ville.

Mamoudou Mouctar n’a pas manqué de faire des recommandations : anticiper l’extension urbaine, maitriser le foncier urbain, mettre en place des politiques de logement et renforcer les villes secondaires en infrastructures et équipements.

Des recommandations appuyées par le représentant de l’UEMOA qui insiste sur des réformes visant la réduction des coûts et du délai des procédures d’immatriculation du foncier. « La détention de titres fonciers permettra à la commune de faire des prêts auprès des institutions bancaires pour la réalisation de leur projet d’urbanisation », a indiqué Halatakpa Tchalanga-Abalourou.

A la question de savoir « comment réduire les inégalités sociales d’accès aux services de base et aux équipements ? », le Directeur de la décentralisation et des collectivités locales du Togo préconise une allocation efficiente des ressources aux besoins, d’où une péréquation financière. « Il faut prioriser et rationnaliser les besoins dans la réalisation des infrastructures et équipements en vue de garantir des services publics équitables à tous les citoyens », a indiqué Dr. Pali Essossimna.

Prenant la parole, le Pr. Yatta François a décliné les critères d’allocation des ressources notamment :

  • La population (croissance démographique exponentielle) ;
  • Mobilisation des ressources (impôts et taxes) ;
  • Justice et équité spatiale ;
  • Entretien des infrastructures.

A la question de savoir : « Comment améliorer la gouvernance des institutions nationales de financement des collectivités territoriales et faire évoluer vers des mécanismes financiers plus autonomes et diversifiés, capables d’assurer équitablement et durablement le développement urbain en Afrique ? », Dr. Pali exhorte les collectivités territoriales à trouver des ressources financières additionnelles auprès des banques pour compléter les allocations de l’Etat.

Halatakpa Tchalanga-Abalourou insiste sur la nécessité de faire une évaluation de solvabilité de la commune avant d’aller contracter des prêts auprès de l’UEMOA et autres institutions financière sous-régionales.

Abordant les différentes sources de financement de la ville africaine, Pr. Yatta indique la Banque africaine de développement, la Bourse régionale de valeur mobilière (Brvm) qui fait des prêts à un taux de remboursement de 7%.

Il a surtout insisté sur la titrisation qui est une avance de fonds sur 10 ans à un faible taux de remboursement les 10 prochaines années.    

La leçon fondamentale à retenir est d’avoir une vision et une planification du développement des ville, anticiper et sortir d’un urbanisme de réparation.

« La ville africaine de demain doit intégrer le secteur informel et penser aux financements innovants », n’a de cesse martelé Halatakpa Tchalanga-Abalourou.

Notons que la cérémonie de clôture du jubilé d’or de l’Eamau a été présidée par le ministre malien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye, président du Conseil d’administration de l’institution interétatique. Elle a marqué la rentrée académique 2026-2027 de l’Eamau.

L’un des temps forts a été l’intégration du Burundi, symbolisée par la montée du drapeau de ce pays. Cette adhésion porte à 15 le nombre d’États membres de l’école, qui accueille dix étudiants burundais pour cette nouvelle année académique.

Isidore Akollor

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