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Capitaliser les avantages comparatifs pour tirer meilleurs profits au Sahel

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Faure Gnassingbé vient de réussir une véritable offensive diplomatique en organisant le 18 avril 2026, une réunion de haut niveau sur la « Nouvelle Stratégie Togo-Sahel (2026-2028) ». Une réunion qui a le mérite de rassembler non seulement les représentants de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) mais aussi ceux de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), deux regroupements qui se regardent en chien de faillance.

A cette réunion historique, on note la présence des représentants des chancelleries et de la communauté internationale.

Aucune voix dissonante au sujet de cette nouvelle stratégie du Togo au Sahel qui, loin d’être un simple document d’orientation, est une main tendue et un cadre de collaboration formel avec les pays du Sahel.

Aussi le Togo s’engage-t-il à mettre son expertise en médiation et son ancrage régional au service de la stabilité pour servir de pont entre le Sahel et l’ensemble de la communauté internationale.

Dans la foulée, on note un ballet diplomatique à Lomé. Des diplomates chevronnés (dont le ministre français des affaires étrangères) se bousculent au portillon du palais de la présidence du Conseil pour une audience avec Faure Gnassingbé. Les félicitations fusent de partout.   

Au-delà de ce coup diplomatique retentissant, le Togo doit sortir de l’euphorie du succès pour en tirer meilleur profit.

« Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts », une maxime des relations internationales, énoncée en 1848 par Henry John Temple, Lord Palmerston, Speech to the House of Commons : « L’Angleterre n’a pas d’amis ou d’ennemis permanents ; elle n’a que des intérêts permanents.».

A Charles de Gaule de renchérir dans un entretien au magazine Paris Match, le 9 décembre 1967 : « Un grand pays n’a pas d’amis. Les hommes peuvent avoir des amis, pas les hommes d’État. ».

De son positionnement actuel, le Togo doit mettre les bouchés doubles pour s’imposer en une véritable porte d’entrée aux pays de l’hinterland, notamment l’AES, en faisant valoir ses avantages comparatifs.

En effet, le Port autonome de Lomé (Pal) se distingue comme le seul port en eau profonde de la côte ouest-africaine capable d’accueillir des navires de 3ème génération, avec une profondeur de quai et de chenal atteignant 16,60 mètres. Ce tirant d’eau important permet l’accueil de très grands navires (jusqu’à 19 000 – 24 000 EVP), positionnant Lomé comme un hub logistique majeur dans la région ouest-africaine. Un avantage comparatif par rapport au port de Tema (Ghana) et au port de Cotonou (Bénin).

Cependant, cet avantage naturel du Pal ne suffit pas pour faire du Togo un hub logistique de la sous-région si le pays n’investi pas dans les infrastructures, notamment routières et surtout ferroviaires.

La concurrence est rude. Une véritable autoroute Lomé-Cinkasé avec des ports secs par endroits, mieux un réseau ferroviaire Lomé-Cinkasé est la clé de voute, l’ultime option pour faire du Togo, le hub logistique de la sous-région ouest africaine.

C’est le grand défi que Faure Gnassingbé doit relever, pour graver en lettre d’or, son nom dans l’histoire du Togo.

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Isidore Akollor

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